Quand la jalousie fait place à la complicité

Je suis allée chez le dentiste avec mes deux grands. Au terme de ce grand nettoyage, ils ont le privilège de fouiller dans le coffre aux trésors pour se choisir une surprise. Ils observent, analysent et commentent tout ce qu’ils y trouvent. Après avoir choisi leur bebelle, je me dirige à l’accueil pour régler la note. La secrétaire me dit «Ils ont une belle complicité vos enfants, c’était beau de les entendre! J’ai écouté comment ils se parlaient et je les ai trouvé beaux.» J’ai eu le sentiment du devoir accompli et j’ai répondu. « Si vous saviez tout le chemin qu’ils ont parcouru dans la dernière année pour en arriver là! » Oui, tout un parcours.

Mon fils était comme un nuage rempli de colère contre sa soeur

Mon fils était comme un nuage rempli de colère pour sa soeur

L’année dernière, mon grand affirmait avec certitude qu’il n’aimait pas sa soeur. Ouch! «Maman, j’aime mon petit frère, mais j’aime pas ma soeur!» Au début, je ne réagissais pas trop à ces propos. Je me disais que c’était passager ou qu’il voulait attirer l’attention. Au contraire, ces propos étaient de plus en plus durs. Il reprenait sa soeur sans cesse. Il niait tout ce qu’elle disait. Il ne la laissait jamais jouer avec lui. Il était toujours fâché après elle et il lui disait directement qu’il ne l’aimait pas. Mon coeur de mère saignait. Ma fille de 4 ans comprenait que son frère ne l’aimait pas et elle en pleurait. Il nous accusait d’être plus fins avec elle qu’avec lui et il était convaincue que nous l’aimions plus que lui. J’ai pensé que tout cela allait se régler tout seul, mais non, c’est faux ! Mon fils avait besoin d’aide. Il était drôlement jaloux de sa soeur et il la détestait. C’était insoutenable. L’ambiance familiale était tendue.

Quand j’ai finalement compris que mon fils vivait de la jalousie, j’ai tout de suite pensé à me référer à CommeUnique.com qui a développé une façon très simple de nous faire comprendre que tous les comportements dérangeants de nos enfants sont des façons maladroites et inadéquates de nous donner des cris d’alarmes pour déceler leur souffrance. Pour déceler ces comportements dérangeants, les souffrances qu’ils cachent et les actions à poser pour palier à ces souffrances, je me suis retournée vers un outil super pratique, c’est un napperon. Allez le voir! Vous y lirez que «La jalousie : un comportement dérangeant d’un enfant qui vit du rejet, qui a tendance à se juger et juger les autres, à être rancunier, être dur envers lui-même et envers les autres.» C’est ce qui m’a aidé à jeter un autre regard sur les comportements dérangeants de mes enfants et surtout d’avoir des pistes pour intervenir adéquatement. Un enfant jaloux souffre d’un manque d’être accepté, il se sent rejeté et ne se sent pas véritablement aimé. Mon grand avait besoin de se sentir aimé inconditionnellement. Il avait besoin qu’on le reconnaisse comme unique, incomparable et qu’on l’accepte comme il est. Avant qu’on en prenne conscience et qu’on se réfère à notre napperon, mon mari et moi avions commencé à réagir face à ce que nous considérions comme de l’acharnement de notre fils sur sa soeur. Nous avions commencé à nier ce qu’il disait sur sa soeur. On le menaçait de conséquences s’il n’arrêtait pas de s’en prendre à elle. On était vraiment en réaction face à ces mauvais comportements. Bref, nous ne faisions vraiment rien qui aidait. Pour nous ses comportement étaient injustifiés et ça devenait presque difficile de pas lui en vouloir.

À la lumière de nos lectures et réflexions, nous avons commencé à intervenir différemment à ses propos. Je lui disais plus régulièrement que je l’aimais. Je prenais du temps pour lui. J’ai aussi pris soin de recadrer ses propos. Par exemple, quand il se fâchait après elle parce qu’elle avait pris un ses skylanders et qu’il terminait en disant, «J’l’haïs». Je lui répondais «Mon grand, tu es fâché parce qu’elle a fait ça sans te le demander. Tu l’aimes, c’est ce qu’elle t’a fait que tu n’aimes pas.» Bien sûr, ça ne le calmait pas. Mais ça lui allait certainement droit au coeur. J’ai ouvert le dialogue avec lui. Un certain soir où il y avait motif à revenir sur le sujet, je lui ai demandé «Pourquoi tu dis que tu haïs ta soeur?» Et j’écoutais sans nier quoi que ce soit autant au sujet de ses chicanes qu’au sujet des raisons qu’il avait de l’haïr. J’ai aussi commencé à lui dire combien je trouvais les liens entre frères et soeurs importants. Les liens fraternels qui nous unis dans une famille sont plus forts que nos malentendus et nos chicanes. Je lui ai parlé de mes chicanes avec mon frère et ma soeur quand j’étais jeune. Parce qu’après tout c’est normal la chicane entre frère et soeur. Tranquillement, ça fait son chemin. J’ai commencé à faire du renforcement positif. Chaque fois que je remarquais que ça se passait bien entre eux. Je prenais le temps de leur faire remarquer. «Avez-vous vu comme c’est plaisant quand on écoute parler l’autre et que chacun son tour on a la chance de raconter son histoire.» Pour mon grand, sa soeur n’avais jamais la bonne façon de raconter les choses. Il l’interrompait chaque fois qu’elle n’avait pas utilisé le bon mot. J’ai commencé expliquer qu’on avait tous notre façon de raconter la même histoire. Je les invitais à raconter chacun leur tour leur version de l’histoire. J’écoutais donc chacun d’eux avec autant d’intérêt. Et il commençait à respecter le fait que sa petite soeur de 4 ans n’avait pas la même vision que lui. C’était tout un progrès!

kids-303544__180Et, il y a de ces moments magiques qui se produisent.  Un moment marquant dans leur vie les a unit. Cet été, c’était le premier été où ils allaient au parc tous les deux. Pour mon fils le parc a toujours été une étape difficile de l’été. Connaître de nouveaux amis, décoder les nouvelles façons de se comporter, comprendre les nouveaux jeux, ouf! Pour elle, le parc signifiait la liberté et elle abordait l’événement avec un enthousiasme qui a touché le coeur insécure de son frère. Comment pouvait-il rouspéter à l’idée d’aller au parc alors que sa petite soeur se levait avec un enthousiasme contagieux? Le parc a été une vraie bénédiction pour eux de développer une belle relation frère et soeur. Ils se souhaitaient la bonne journée en se quittant pour leur vestiaire respectif. Il se retrouvaient en fin de journée pour les chants de ralliement. Ils étaient fiers de nous raconter qu’ils avaient eu la chance de manger ensemble. On a senti que l’été leur avait apporté sur un plateau d’argent l’opportunité de fraterniser.

Aujourd’hui, je vois qu’ils s’aiment, qu’ils se respectent (entre deux chicanes, parce que ça arrive encore :-), qu’ils se parlent, qu’ils sont capables de s’excuser. Ils se font des vrais câlins. Oui, tout un chemin parcouru pour faire grandir ces coeurs fraternels. Je ne peux pas dire exactement ce qui leur a permis de se rapprocher. C’est probablement une peu de toutes ces petites choses qui se sont mis en place au fil d’une année. Je peux vous dire que la journée où je l’ai vu monter du sous-sol, qu’il s’est dirigé vers sa soeur qui pleurait pour lui demander pourquoi elle avait de la peine et l’entendre la consoler, mon coeur a explosé de joie! #eleversatribu=joie

Je vous propose aussi une autre lecture intéressante sur le sujet : Naître et grandir. Vous pourrez y lire certaines choses très intéressantes tel que les propos de Nadia Gagnier « Traiter vos enfants différemment ne veut pas dire que vous en aimez un plus que l’autre. Au contraire, vous montrez à chacun qu’il est unique et que vous en tenez compte. » Et je pense aussi que c’est une des clés.

Rétroliens/Pings

  1. On arrive tous à Noël en même temps! – La famille de ma vie - […] juillet, les Vacances. Mes grands ont débuté le parc ensemble pour la première année. Ils ont noué une belle amitié. En fait,…

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